Lâinjonction de payer est une procĂ©dure permettant au crĂ©ancier dâobtenir un titre exĂ©cutoire une ordonnance dâinjonction de payer pour recouvrer sa crĂ©ance. Câest une procĂ©dure judiciaire peu onĂ©reuse, permettant au crĂ©ancier de contraindre rapidement son dĂ©biteur Ă honorer ses engagements. La premiĂšre phase de cette procĂ©dure nâest pas soumise au principe du contradictoire, lâordonnance dâinjonction de payer Ă©tant obtenue sur requĂȘte, sans aviser le dĂ©biteur de la procĂ©dure. Ce dernier disposera alors dâun dĂ©lai dâun mois pour faire opposition, ce qui aura pour effet de rĂ©tablir un dĂ©bat contradictoire devant le magistrat. A dĂ©faut dâopposition, le crĂ©ancier pourra faire apposer la formule exĂ©cutoire sur son ordonnance, disposant alors dâun titre lui permettant dâexercer des mesures dâexĂ©cution. La procĂ©dure dâinjonction de payer est prĂ©vue par les articles 1405 Ă 1425 du Code de procĂ©dure civile. I. Conditions dâapplication. A. CrĂ©ances susceptibles dâĂȘtre recouvrĂ©es par lâinjonction de payer. ConformĂ©ment Ă lâarticle 1405 du CPC, le dispositif sâapplique pour toutes les crĂ©ances statutaires », câest-Ă -dire dont le recouvrement est prĂ©vu par les statuts dâune sociĂ©tĂ©, dâune association ou dâun GIE. Il sâapplique Ă©galement aux crĂ©ances ayant une cause contractuelle », ce qui vise toutes les sommes stipulĂ©es au contrat [1], incluant les Ă©ventuelles pĂ©nalitĂ©s de retard ou encore les indemnitĂ©s dues en application dâune clause pĂ©nale [2]. En revanche, la procĂ©dure en injonction de payer ne pourra pas ĂȘtre utilisĂ©e pour obtenir des dommages-intĂ©rĂȘts, mĂȘme sâils rĂ©sultent de lâinexĂ©cution dâun contrat. Seront Ă©galement exclues de cette procĂ©dure les crĂ©ances rĂ©sultant de dĂ©lits, quasi-dĂ©lits et quasi-contrats [3]. Le dispositif ne prĂ©voit aucun plancher sâagissant du montant de la crĂ©ance Ă recouvrer. En revanche, la crĂ©ance doit avoir un montant dĂ©terminĂ©. Comme le prĂ©voit lâarticle 1405 du CPC, le montant la dĂ©termination de la crĂ©ance est fait en vertu des stipulations du contrat, y compris, le cas Ă©chĂ©ant, la clause pĂ©nale ». Il faut donc que le montant de lâobligation soit dĂ©terminĂ© initialement. Il en est de mĂȘme de la clause pĂ©nale qui peut ĂȘtre recouvrĂ©e par cette procĂ©dure, peu important Ă cet Ă©gard que lâarticle 1152 du Code civil offre au juge la possibilitĂ© de modĂ©rer une telle clause. B. Juridictions susceptibles de prononcer lâinjonction de payer. En vertu de lâarticle 1406 al. 1 du CPC, la demande est portĂ©e, selon le cas, devant le tribunal dâinstance, la juridiction de proximitĂ© ou devant le prĂ©sident du tribunal de grande instance ou du tribunal de commerce, dans la limite de la compĂ©tence dâattribution de ces juridictions ». Le tribunal de grande instance se trouve donc compĂ©tent pour les demandes en paiement portant sur des crĂ©ances dâun montant supĂ©rieur Ă euros. Le tribunal dâinstance est compĂ©tent pour les crĂ©ances civiles dâun montant infĂ©rieur ou Ă©gal Ă euros ou les crĂ©ances relevant de sa compĂ©tence exclusive. La juridiction de proximitĂ© se trouve compĂ©tente pour les crĂ©ances civiles dâun montant infĂ©rieur ou Ă©gal Ă euros, hors compĂ©tence exclusive du juge dâinstance. Enfin, le prĂ©sident du tribunal de commerce se trouve compĂ©tent pour les crĂ©ances de nature commerciale quel que soit leur montant, mise Ă part en Alsace-Moselle, oĂč les injonctions de payer relatives aux crĂ©ances de nature commerciale se rĂ©partissent entre les tribunaux dâinstance et de grande instance selon que leur montant est ou non supĂ©rieur Ă euros. Cette compĂ©tence est dâordre public, sans toutefois faire Ă©chec aux compĂ©tences dâattributions particuliĂšres prĂ©vues par des textes spĂ©ciaux [4]. C. CompĂ©tence territoriale. Aux termes de lâalinĂ©a 2 de lâarticle 1406 du CPC, le juge territorialement compĂ©tent est celui du lieu oĂč demeure le ou lâun des dĂ©biteurs poursuivis ». Câest-Ă -dire, conformĂ©ment Ă lâarticle 43 du CPC, sâil sâagit dâune personne physique, du lieu oĂč celle-ci a son domicile ou, Ă dĂ©faut, sa rĂ©sidence ; sâil sâagit dâune personne morale, du lieu oĂč celle-ci est Ă©tablie ». En cas de pluralitĂ© de dĂ©biteurs, le crĂ©ancier pourra, comme le lui permet lâarticle 42 du CPC, choisir le tribunal du domicile de lâun dâeux. Sâagissant des dĂ©fendeurs domiciliĂ©s Ă lâĂ©tranger, il semblerait que la voie de lâinjonction de payer ne soit ouverte quâĂ condition que le dĂ©biteur ait au moins une rĂ©sidence en France [5]. En revanche, la rĂšgle est facilitĂ©e pour les dĂ©fendeurs situĂ©s au sein de lâUnion europĂ©enne, depuis la mise en place dâune procĂ©dure dâinjonction de payer spĂ©cifique [6]. Les rĂšgles relatives Ă la compĂ©tence territoriale sont Ă©galement dâordre public. II. La procĂ©dure dâinjonction de payer. Le mĂ©canisme se dĂ©roule en deux phases une phase non-contradictoire permettant au crĂ©ancier dâobtenir un titre qui, Ă dĂ©faut dâopposition du dĂ©biteur dans les dĂ©lais, pourra ĂȘtre revĂȘtu de la formule exĂ©cutoire. En cas de contestation, une audience contradictoire devant le magistrat Ă lâeffet dâapprĂ©cier le bienfondĂ© de la demande. A. Phase non-contradictoire. a La requĂȘte. La demande est formĂ©e par requĂȘte remise ou adressĂ©e au greffe par le crĂ©ancier ou par tout mandataire. Certaines mentions portĂ©es sur la requĂȘte sont obligatoires, telles que les noms, prĂ©noms, professions et domiciles des crĂ©ancier et dĂ©biteur ou, pour les personnes morales, leur forme, dĂ©nomination et siĂšge social. La requĂȘte doit Ă©galement contenir lâindication prĂ©cise du montant de la somme rĂ©clamĂ©e avec le dĂ©compte des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments de la crĂ©ance, ainsi que son fondement. Sây ajoutent les documents justificatifs qui, en application de lâarticle 1407, alinĂ©a 3, du CPC, doivent impĂ©rativement accompagner la requĂȘte, faute de quoi elle est irrecevable. Aucun formalisme nâest imposĂ© pour la requĂȘte en injonction de payer, Ă condition quâelle soit datĂ©e et signĂ©e. b Lâordonnance. Le magistrat saisi se prononce au vu des documents produits » [7]. Lorsque la demande lui paraĂźt fondĂ©e », il rend une ordonnance portant injonction de payer, qui peut, Ă©ventuellement, ne porter que sur une partie de la demande. Lâordonnance et la requĂȘte sont alors conservĂ©es Ă titre de minute au greffe, ainsi que les documents produits Ă lâappui de la requĂȘte. Le dĂ©biteur pourra ainsi, avant de former opposition, en prendre connaissance et dĂ©cider en connaissance de cause des suites Ă apporter. Lorsque la demande ne lui paraĂźt pas fondĂ©e, le juge rejette la requĂȘte. La dĂ©cision, qui nâa pas autoritĂ© de la chose jugĂ©e, est sans recours pour le crĂ©ancier, sauf Ă celui-ci Ă procĂ©der selon les voies de droit commun. Si le crĂ©ancier entend nĂ©anmoins poursuivre le recouvrement de sa crĂ©ance, il lui appartiendra de saisir les tribunaux selon les voies de droit commun [8]. Si le crĂ©ancier avait procĂ©dĂ© Ă une saisie conservatoire, le juge du fond peut encore ĂȘtre valablement saisi conformĂ©ment aux exigences de lâarticle R. 551-7 du Code des procĂ©dures civiles dâexĂ©cution, dans le mois qui suit lâordonnance de rejet. c La signification. Lâarticle 1411 du CPC impose quâune copie certifiĂ©e conforme de la requĂȘte et de lâordonnance soit signifiĂ©e, Ă lâinitiative du crĂ©ancier, Ă chacun des dĂ©biteurs, au plus tard dans les six mois Ă compter de lâordonnance. Ă dĂ©faut, celle-ci sera considĂ©rĂ©e comme non-avenue. Lâacte de signification doit faire sommation au dĂ©biteur de payer au crĂ©ancier le montant de la somme fixĂ©e par lâordonnance, ainsi que les intĂ©rĂȘts et frais de greffe dont le montant est prĂ©cisĂ©. Il doit Ă©galement faire sommation au dĂ©biteur, dans le cas oĂč il a Ă faire valoir des moyens de dĂ©fense, de former opposition. Le tribunal devant lequel lâopposition doit ĂȘtre portĂ©e est indiquĂ©, de mĂȘme que les formes dans lesquelles lâopposition doit ĂȘtre faite. Lâacte doit enfin avertir le dĂ©biteur quâil lui est possible de prendre connaissance au greffe des documents produits par le crĂ©ancier, et quâĂ dĂ©faut dâopposition dans le dĂ©lai indiquĂ©, il ne pourra plus exercer aucun recours et pourra ĂȘtre contraint par toutes voies de droit de payer les sommes rĂ©clamĂ©es. d Lâopposition de la formule exĂ©cutoire. Ă dĂ©faut dâopposition par le dĂ©biteur dans un dĂ©lai dâun mois, le crĂ©ancier peut demander lâapposition de la formule exĂ©cutoire sur lâordonnance dâinjonction, ultime Ă©tape de la procĂ©dure. Le crĂ©ancier dispose dâun dĂ©lai dâun mois suivant lâexpiration du dĂ©lai dâopposition ou le dĂ©sistement du dĂ©biteur. En application de lâarticle 1422 du CPC, lâordonnance portant injonction de payer revĂȘtue de la formule exĂ©cutoire produit tous les effets dâun jugement contradictoire. Elle constitue une dĂ©cision de justice au sens de lâarticle L. 511-2 du Code des procĂ©dures civiles dâexĂ©cution, permettant ainsi au crĂ©ancier dâexercer des mesures dâexĂ©cution. B. Phase contradictoire. Deux moyens permettent la rĂ©introduction du dĂ©bat contradictoire lâopposition prĂ©vue par les articles 1412 et suivants du CPC, et lâutilisation de voies de recours. a Lâopposition par le dĂ©biteur. Le dĂ©biteur peut vouloir contester le bien-fondĂ© de la crĂ©ance en invoquant, par exemple la qualitĂ© dĂ©fectueuse dâune livraison ; le montant trop Ă©levĂ© du prix de venteâŠ, ou la rĂ©gularitĂ© de la procĂ©dure arguant, par exemple, de lâincompĂ©tence du juge. Pour ce faire, il doit faire opposition. Lâarticle 1416 du CPC distingue divers dĂ©lais pour faire opposition selon que la signification de lâordonnance a Ă©tĂ© faite Ă personne ou non. Si la signification a Ă©tĂ© faite Ă personne, lâopposition doit ĂȘtre formĂ©e dans le mois qui suit la signification. En revanche, si la signification nâa pas Ă©tĂ© faite Ă personne, lâopposition est recevable jusquâĂ lâexpiration du dĂ©lai dâun mois suivant le premier acte signifiĂ© Ă personne, ou Ă dĂ©faut, suivant la premiĂšre mesure dâexĂ©cution ayant pour effet de rendre indisponibles en tout ou partie les biens du dĂ©biteur. Lâopposition est formĂ©e par dĂ©claration sur papier libre, datĂ©e et signĂ©e, directement par le dĂ©biteur ou par un mandataire librement choisi avocat, huissier ou toute autre personne munie dâun pouvoir spĂ©cial si elle nâest pas avocat. Elle est dĂ©posĂ©e contre rĂ©cĂ©pissĂ© ou envoyĂ©e par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception dans ce cas, la date de lâopposition est celle figurant sur le rĂ©cĂ©pissĂ© dâenvoi, au greffe de la juridiction dont le juge ou le prĂ©sident a rendu lâordonnance dâinjonction de payer. Le greffe, qui ne peut quâenregistrer lâopposition, ne sera pas compĂ©tent pour apprĂ©cier lâĂ©ventuelle tardivetĂ© de lâopposition au regard de cette date. Quel que soit le fondement de lâopposition, celle-ci nâa pas Ă ĂȘtre motivĂ©e. b Les effets de lâopposition. Le principal effet de lâopposition consiste en la restauration du dĂ©bat contradictoire. Aux termes de lâarticle 1413 du CPC, lâopposition a pour effet de saisir le tribunal de la demande initiale du crĂ©ancier et de lâensemble du litige ». Par application de lâarticle 1418 du CPC, le greffier convoque les parties Ă lâaudience par lettre recommandĂ©e avec demande dâavis de rĂ©ception. Cette convocation doit ĂȘtre adressĂ©e Ă toutes les parties, mĂȘme celles qui nâauraient pas formĂ© opposition La convocation prĂ©cise la date Ă laquelle lâaffaire sera soumise au tribunal. Aucun dĂ©lai particulier nâest imposĂ© Ă ce propos. c Lâaudience devant le magistrat. Lâaudience qui fait suite Ă lâopposition est soumise aux formalitĂ©s procĂ©durales ordinaires. Sâagissant des rĂšgles relatives tant Ă la comparution quâĂ lâassistance et Ă la reprĂ©sentation des parties devant le tribunal dâinstance et la juridiction de proximitĂ©, les parties peuvent se dĂ©fendre elles-mĂȘmes ou choisir dâĂȘtre reprĂ©sentĂ©es selon les rĂšgles ordinaires de reprĂ©sentation en justice. Elles ne peuvent en revanche se contenter de dĂ©poser leur dossier, la procĂ©dure Ă©tant orale conformĂ©ment au droit commun des articles 843 et 871 du CPC. Devant le tribunal de grande instance, lâarticle 1418, alinĂ©a 8 du CPC prĂ©voit que le crĂ©ancier doit constituer avocat dans un dĂ©lai de quinze jours Ă compter de la notification. DĂšs quâil est constituĂ©, lâavocat du crĂ©ancier en informe le dĂ©biteur, par lettre recommandĂ©e avec demande dâavis de rĂ©ception, lui indiquant quâil dispose Ă son tour dâun dĂ©lai de quinze jours pour constituer avocat. Les avocats respectifs des parties doivent adresser au greffe une copie des actes de constitution. Si aucune des parties ne comparaĂźt devant le tribunal, le magistrat constate lâextinction de lâinstance. Devant le tribunal de grande instance, le prĂ©sident peut Ă©galement constater lâextinction de lâinstance dans le cas oĂč le crĂ©ancier ne constitue pas avocat dans le dĂ©lai de quinzaine prĂ©vue Ă lâarticle 1418 du CPC. Dans les deux cas, lâextinction de lâinstance rend non avenue lâordonnance portant injonction de payer ». Le crĂ©ancier pourra cependant prĂ©senter une nouvelle requĂȘte en injonction de payer ou assigner le dĂ©biteur en paiement selon le droit commun. Le code de procĂ©dure civile ne contient aucune disposition relative Ă lâinstruction de lâaffaire. Il sera donc fait appel aux rĂšgles applicables devant la juridiction saisie. Le contradictoire sâimpose dans les conditions du droit commun. Enfin, le juge pourra, en application de lâarticle 92 du CPC, soulever dâoffice son incompĂ©tence dâattribution [9]. C. Les voies de recours. a Pas dâappel possible contre lâordonnance dâinjonction. Lâarticle 1422 alinĂ©a 2, du CPC dispose que lâordonnance portant injonction de payer revĂȘtue de la formule exĂ©cutoire nâest pas susceptible dâappel, mĂȘme si elle accorde des dĂ©lais de paiement. Seule la voie de lâopposition est ouverte au dĂ©biteur, Ă condition quâelle soit exercĂ©e dans les dĂ©lais. Le recours en cassation nâest admis que de façon trĂšs exceptionnelle, dans le cas oĂč la formule exĂ©cutoire aurait Ă©tĂ© apposĂ©e dans des conditions irrĂ©guliĂšres [10]. Il peut en revanche ĂȘtre fait tierce opposition Ă une ordonnance dâinjonction de payer revĂȘtue de la formule exĂ©cutoire. Une caution peut par exemple faire tierce opposition Ă lâordonnance lorsque lâinjonction a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©e contre un dĂ©biteur principal qui sâest abstenu de former contredit Ă lâordonnance et nâa fait valoir aucun moyen de dĂ©fense [11]. b Voies de recours ordinaires Ă lâencontre du jugement rendu sur opposition. En revanche, dĂšs lors que le dĂ©biteur aura fait opposition, le jugement rendu sur opposition sera susceptible dâune voie de recours dans les conditions de droit commun, dans la mesure oĂč ce jugement se substitue Ă lâordonnance dâinjonction de payer. Le jugement sera donc susceptible dâappel, Ă condition quâil porte sur une crĂ©ance supĂ©rieure Ă euros, Ă dĂ©faut de quoi le jugement sera rendu en dernier ressort. III. Les injonctions de payer spĂ©cifiques et lâinjonction de payer europĂ©enne. A. DiversitĂ©s des injonctions de payer. Dans la mesure oĂč lâinjonction de payer est applicable Ă lâensemble des juridictions, le crĂ©ancier sera tenu de respecter les particularitĂ©s Ă©ventuellement applicables pour chacune dâelles. Ă noter Ă©galement quâil existe des procĂ©dures dâinjonction de payer spĂ©cifique pour certaines matiĂšres, telle par exemple la procĂ©dure prĂ©vue pour le recouvrement des charges de copropriĂ©tĂ© [12], ou encore pour le remboursement des allocations chĂŽmages [13]. En matiĂšre pĂ©nale Ă©galement, la victime dâune infraction peut recourir Ă la procĂ©dure dâinjonction de payer pour obtenir la rĂ©paration de son prĂ©judice soit Ă la suite du procĂšs-verbal constatant lâaccord consĂ©cutif Ă une mĂ©diation, ou dans le cadre de lâordonnance du prĂ©sident du tribunal validant une composition pĂ©nale. Dans ces deux hypothĂšses en effet, il est rĂ©sultĂ© un accord entre la victime et lâauteur des faits sur le montant de lâindemnisation due, ce qui explique que la procĂ©dure dâinjonction soit permise. B. ProcĂ©dure dâinjonction de payer europĂ©enne. Cette procĂ©dure est rĂ©gi par le rĂšglement CE n°1896/2006 du 12 dĂ©cembre 2006, dont lâessentiel est codifiĂ© aux articles 1424 Ă 1425 du CPC. a Champ dâapplication. La procĂ©dure dâinjonction de payer europĂ©enne est limitĂ©e aux litiges transfrontaliers. Elle sâapplique aux litiges dans lesquels au moins une des parties a son domicile ou sa rĂ©sidence habituelle dans un Ătat de lâUnion europĂ©enne autre que lâĂtat membre de la juridiction saisie, sans ĂȘtre applicable au Danemark, dans les collectivitĂ©s dâoutre-mer ou en Nouvelle-CalĂ©donie. Il ne peut ĂȘtre recouru Ă la procĂ©dure dâinjonction de payer europĂ©enne quâen matiĂšre civile et commerciale, au sens du droit de lâUnion europĂ©enne, Ă lâexclusion des matiĂšres fiscales, douaniĂšres et administratives, applicables aux rĂ©gimes matrimoniaux, aux testaments et successions. Lâinjonction de payer europĂ©enne ne concerne en outre que les crĂ©ances dĂ©coulant dâune obligation contractuelle, Ă moins quâune obligation non contractuelle nâait fait lâobjet dâun accord entre les parties, dâune reconnaissance de dette, ou ne concerne des dettes liquides dĂ©coulant de la propriĂ©tĂ© conjointe dâun bien. La crĂ©ance doit ĂȘtre une crĂ©ance de somme dâargent, dont le montant est dĂ©terminĂ© et chiffrĂ©. b La demande. La demande dâinjonction de payer europĂ©enne est formulĂ©e par le crĂ©ancier ou son reprĂ©sentant. ConformĂ©ment Ă lâarticle 1424-2 du CPC, le formulaire de demande dâinjonction de payer europĂ©enne est remis ou adressĂ© par voie postale au greffe de la juridiction. Ă noter quâil existe un formulaire type, dit formulaire A, accompagnĂ© dâune notice explicative, qui impose la fourniture de nombreuses informations qui doivent ĂȘtre fournies en langue française. La plupart sont obligatoires. La demande doit ainsi faire Ă©tat du nom, de lâadresse des parties et, le cas Ă©chĂ©ant, de leurs reprĂ©sentants, ainsi que de la juridiction saisie de la demande. Elle doit mentionner le montant de la crĂ©ance, notamment en principal, frais, intĂ©rĂȘts et pĂ©nalitĂ©s contractuelles le cas Ă©chĂ©ant. Lorsque des intĂ©rĂȘts sont rĂ©clamĂ©s sur la crĂ©ance, le taux dâintĂ©rĂȘt et la pĂ©riode pour laquelle ils sont rĂ©clamĂ©s doivent ĂȘtre portĂ©s sur la demande, Ă moins quâil ne sâagisse dâintĂ©rĂȘts lĂ©gaux automatiquement ajoutĂ©s au principal en vertu du droit de lâĂtat membre dâorigine. Si la demande est incomplĂšte, rĂ©digĂ©e en langue Ă©trangĂšre, ou ne rĂ©pond pas aux exigences lĂ©gales, le juge peut inviter le demandeur Ă la complĂ©ter ou la rectifier dans le dĂ©lai quâil fixe. Si la demande ne remplit pas les conditions prĂ©vues ou si elle est manifestement infondĂ©e, elle peut ĂȘtre rejetĂ©e dans son intĂ©gralitĂ©. Le juge dispose Ă©galement de la facultĂ© de lâaccueillir partiellement. Lâinjonction de payer europĂ©enne est signifiĂ©e, Ă lâinitiative du demandeur, au dĂ©fendeur, avec une copie du formulaire de demande. c Lâopposition ouverte au dĂ©biteur. Le dĂ©biteur informĂ© de lâinjonction de payer europĂ©enne a trente jours Ă compter de la signification de lâordonnance dâinjonction de payer pour former opposition. Lâopposition, signĂ©e par le dĂ©fendeur, est portĂ©e devant la juridiction dont Ă©mane lâinjonction de payer europĂ©enne, et formĂ©e devant son greffe par dĂ©claration contre rĂ©cĂ©pissĂ© ou lettre recommandĂ©e. Lâopposition rĂ©guliĂšrement formĂ©e ouvre une procĂ©dure ordinaire devant la juridiction saisie. ConformĂ©ment Ă lâarticle 1424-9 du CPC, le tribunal statue sur la demande en recouvrement et connaĂźt, dans les limites de sa compĂ©tence dâattribution, de la demande initiale et de toutes les demandes incidentes et dĂ©fenses au fond. Si aucune des parties ne se prĂ©sente, lâarticle 1424-11 du CPC prĂ©voit que le tribunal constate lâextinction de lâinstance, ce qui rend non avenue lâinjonction de payer europĂ©enne. Ă dĂ©faut, le tribunal rend un jugement sur opposition qui se substitue Ă lâinjonction de payer europĂ©enne en application de lâarticle 1424-12 du CPC. Ce jugement peut faire lâobjet dâun appel lorsque le montant de la demande excĂšde le taux de la compĂ©tence en dernier ressort du tribunal. d Le rĂ©examen de lâinjonction de payer europĂ©enne. A cĂŽtĂ© du droit dâopposition, il existe une possibilitĂ© de rĂ©examen de lâinjonction de payer europĂ©enne. Cette procĂ©dure est ouverte aux termes de lâarticle 20 du rĂšglement no 1896/2006 de 12 dĂ©cembre 2006, quand lâinjonction de payer europĂ©enne a Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement signifiĂ©e, mais que la signification nâest pas intervenue en temps utile pour permettre au dĂ©fendeur qui nâaurait commis aucune faute Ă ce propos de prĂ©parer sa dĂ©fense. Elle est Ă©galement ouverte lorsque, pour cause de force majeure ou de circonstances extraordinaires, et sans faute de sa part, le dĂ©fendeur nâa pu contester la crĂ©ance, ou sâil est manifeste que lâinjonction de payer a Ă©tĂ© dĂ©livrĂ©e Ă tort. Pour le crĂ©ancier, câest sans doute une des faiblesses principales de cette procĂ©dure, qui semble offrir une sorte de double droit dâopposition » pour le dĂ©biteur. e LâexĂ©cution. Le demandeur est tenu de fournir aux autoritĂ©s chargĂ©es de lâexĂ©cution dans lâĂ©tat membre dâexĂ©cution une copie de lâinjonction de payer en fournissant, le cas Ă©chĂ©ant, la traduction de lâinjonction de payer dans la langue officielle de lâĂ©tat membre dâexĂ©cution ou dans une autre langue que cet Ătat membre dâexĂ©cution aura dĂ©clarĂ© pouvoir accepter. Lorsque le dĂ©fendeur a demandĂ© le rĂ©examen, la juridiction compĂ©tente de lâĂ©tat membre dâexĂ©cution peut choisir de limiter la procĂ©dure dâexĂ©cution Ă des mesures conservatoires ; subordonner lâexĂ©cution Ă la constitution dâune sĂ»retĂ© quâelle dĂ©termine ; dans des circonstances exceptionnelles, suspendre la procĂ©dure dâexĂ©cution. Sur demande du dĂ©fendeur, lâexĂ©cution peut ĂȘtre refusĂ©e par la juridiction compĂ©tente dans lâĂ©tat membre dâexĂ©cution, si lâinjonction de payer europĂ©enne est incompatible avec une dĂ©cision rendue ou une injonction dĂ©livrĂ©e antĂ©rieurement dans tout Ă©tat membre ou dans un pays tiers lorsque la dĂ©cision rendue ou lâinjonction dĂ©livrĂ©e antĂ©rieurement lâa Ă©tĂ© entre les mĂȘmes parties dans un litige ayant la mĂȘme cause, et que, la dĂ©cision rendue ou lâinjonction dĂ©livrĂ©e antĂ©rieurement rĂ©unit les conditions nĂ©cessaires Ă sa reconnaissance dans lâĂ©tat membre dâexĂ©cution, et que lâincompatibilitĂ© nâaurait pas pu ĂȘtre invoquĂ©e au cours de la procĂ©dure judiciaire dans lâEtat membre dâorigine. f Les frais. Devant le tribunal de commerce, les frais de la procĂ©dure sont avancĂ©s par le demandeur et consignĂ©s au greffe au plus tard dans les quinze jours de la demande. Lâopposition est reçue sans frais par le greffier. Celui-ci invite sans dĂ©lai le demandeur, par lettre recommandĂ©e avec avis de rĂ©ception, Ă consigner les frais de lâopposition au greffe dans le dĂ©lai de quinze jours de la demande. Recommandez-vous cet article ? Donnez une note de 1 Ă 5 Ă cet article Lâavez-vous apprĂ©ciĂ© ? Notes de l'article [1] Civ. 2e, 8 fĂ©vr. 1989, Bull. civ. II, no 34 ; D. 1989. IR 68 ; JCP 1989. IV. 132. [2] Com. 14 juin 1971, Bull. civ. IV, no 169 ; D. 1971. 626. [3] Com. 16 juill. 1985, Bull. civ. IV, no 214. [4] Comme par exemple les actions relatives Ă lâapplication du chapitre Ier du titre Ier du livre III du Code de la consommation relevant de la compĂ©tence exclusive du tribunal dâinstance. [5] T. paix Saint-Malo, 3 fĂ©vr. 1958, D. 1958. 124 ; RTD civ. 1958. 311, no 14, obs. P. Raynaud. - T. com. Seine, 18 fĂ©vr. 1965, Gaz. Pal. 1965. 1. 406. [6] Cf Infra [7] ConformĂ©ment Ă lâarticle 1409 du CPC. [8] C. pr. civ., art. 1409, al. 2. [9] Limoges, 16 janv. 1991, D. 1992. Somm. 124, obs. Julien. [10] Civ. 2e, 2 avr. 1997, no [11] Civ. 1re, 10 dĂ©c. 1991, no arrĂȘt no 1, Bull. civ. I, no 348 ; Gaz. Pal. 1992. 1. Pan. 75. [12] Lâarticle 60 du dĂ©cret no 67-223 du 17 mars 1967 relatif au statut de la copropriĂ©tĂ©. [13] R. 1235-1 et suivants du Code du travail.
CODEDE PROCĂDURE CIVILE (PromulguĂ© le 5 septembre 1896 et dĂ©clarĂ© exĂ©cutoire Ă dater du 15 octobre 1896) Partie - PARTIE I PROCĂDURE DEVANT LES TRIBUNAUX. Livre - I DE LA JUSTICE DE PAIX. Titre - III DES JUGEMENTS. Section - I Des jugements en gĂ©nĂ©ral. Article 71 .- ( Loi n° 876 du 26 fĂ©vrier 1970 ; Loi n° 1.135 du 16 juillet 1990 )
La juridiction territorialement compĂ©tente est, sauf disposition contraire, celle du lieu oĂč demeure le dĂ©fendeur. S'il y a plusieurs dĂ©fendeurs, le demandeur saisit, Ă son choix, la juridiction du lieu oĂč demeure l'un d'eux. Si le dĂ©fendeur n'a ni domicile ni rĂ©sidence connus, le demandeur peut saisir la juridiction du lieu oĂč il demeure ou celle de son choix s'il demeure Ă l'Ă©tranger.
CODEDE PROCĂDURE CIVILE (PromulguĂ© le 5 septembre 1896 et dĂ©clarĂ© exĂ©cutoire Ă dater du 15 octobre 1896) Partie - PARTIE I PROCĂDURE DEVANT LES TRIBUNAUX. Livre - II PROCĂDURE DEVANT LE TRIBUNAL DE PREMIĂRE INSTANCE. Titre - I DES EXPLOITS EN GĂNĂRAL ET DES ASSIGNATIONS. Section - II Des assignations .Codede procĂ©dure civile. Recherche par : Document - NumĂ©ro d'article. Table alphabĂ©tique. Sommaire. Code de procĂ©dure civile . LIVRE PREMIER - DISPOSITIONS COMMUNES Ă TOUTES LES JURIDICTIONS (Art. 1 er - Art. 749) LIVRE DEUXIĂME - DISPOSITIONS PARTICULIĂRES Ă CHAQUE JURIDICTION (Art. 750 -
La cour dâappel doit rechercher, mĂȘme dâoffice, si les demandes formĂ©es devant elle ne constituent pas lâaccessoire, la consĂ©quence ou le complĂ©ment de celles formĂ©es en premiĂšre instance. Civ. 2e, 17 sept. 2020, F-P+B+I, n° Le relevĂ© dâoffice par un juge nâest pas toujours annonciateur de mauvaises nouvelles pour lâappelant ! Arguant que le taux effectif global dâun prĂȘt immobilier Ă©tait erronĂ© et que les frais relatifs Ă la souscription de parts sociales et Ă la souscription du contrat dâassurance-vie donnĂ© en nantissement nâavaient pas Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s dans le calcul du taux effectif global, un particulier assigne une banque devant le tribunal de grande instance qui juge prescrite sa demande. Appel est formĂ© le 3 janvier 2018 devant la Cour dâappel de ChambĂ©ry qui juge irrecevables comme nouvelles en cause dâappel les demandes de lâappelant. Pour les juges dâappel, lâappelant critiquait devant la cour le taux portĂ© sur les avenants rĂ©gularisĂ©s postĂ©rieurement Ă lâoffre de prĂȘt de 1999, seul un avenant du 22 juillet 2010 Ă©tait versĂ© aux dĂ©bats par lâintimĂ© tandis que lâavenant de 2012 dont se prĂ©valait lâappelant nâĂ©tait pas communiquĂ©, les autres Ă©lĂ©ments versĂ©s nâĂ©tant pas suffisamment clairs. La cour en dĂ©duisait finalement que ces demandes nâont jamais Ă©tĂ© formĂ©es en premiĂšre instance et ne tendent pas aux mĂȘme fins, la nature du prĂȘt Ă©tant diffĂ©rente et les demandes formĂ©es supposant une analyse diffĂ©rente ; que ces demandes sont irrecevables ». Au visa des articles 564 Ă 567 du code de procĂ©dure civile, la deuxiĂšme chambre civile casse et annule lâarrĂȘt mais seulement en ce quâil a dĂ©clarĂ© irrecevables comme nouvelles les demandes relatives aux avenants de 2010 et 2012 et renvoie les parties devant la Cour dâappel de Lyon. Pour ce faire, la Cour de cassation rĂ©pond au moyen de la façon suivante 7. La cour dâappel est tenue dâexaminer au regard de chacune des exceptions prĂ©vues aux textes susvisĂ©s si la demande est nouvelle. Il rĂ©sulte de lâarticle 566 du code de procĂ©dure civile que les parties ne peuvent soumettre Ă la cour dâappel de nouvelles prĂ©tentions, sauf Ă ce que celles-ci soient lâaccessoire, la consĂ©quence ou le complĂ©ment de celles soumises au premier juge. 8. Pour dĂ©clarer irrecevables comme nouvelles les demandes relatives aux avenants de 2010 et 2012, lâarrĂȘt retient que ces demandes nâont jamais Ă©tĂ© formĂ©es en premiĂšre instance et ne tendent pas aux mĂȘmes fins, la nature des prĂȘts Ă©tant diffĂ©rente et les demandes prĂ©sentĂ©es supposant une analyse diffĂ©rente. 9. En se dĂ©terminant ainsi, sans rechercher, mĂȘme dâoffice, si ces demandes ne constituaient pas lâaccessoire, la consĂ©quence ou le complĂ©ment de celles formĂ©es par M. X... en premiĂšre instance, la cour dâappel nâa pas donnĂ© de base lĂ©gale Ă sa dĂ©cision ». Est-ce lĂ un Ă©niĂšme arrĂȘt de la Cour de cassation censurant une cour dâappel pour avoir jugĂ© Ă tort irrecevables comme nouvelles en cause dâappel des demandes formĂ©es devant elle ? On pouvait presque le croire Ă lâĂ©noncĂ© des faits, mais le fait quâil soit promis Ă une large publication laissait augurer du contraire. Et la lecture de la rĂ©ponse de la deuxiĂšme chambre civile marque Ă lâĂ©vidence un apport intĂ©ressant. Il nâest pas tant reprochĂ© Ă la cour dâappel dâavoir jugĂ© que la demande formĂ©e devant elle nâĂ©tait Ă lâĂ©vidence pas nouvelle en cause dâappel - et peu importait cette fois devant la Haute Cour la caractĂ©risation dâun lien de rattachement suffisant entre les demandes de premiĂšre instance et dâappel - mais bien de ne pas ĂȘtre aller suffisamment loin dans ses investigations. Car si lâarticle 564 du code de procĂ©dure civile dispose quâ Ă peine dâirrecevabilitĂ© relevĂ©e dâoffice, les parties ne peuvent soumettre Ă la cour de nouvelles prĂ©tentions si ce nâest pour opposer compensation, faire Ă©carter les prĂ©tentions adverses ou faire juger les questions nĂ©es de lâintervention dâun tiers, ou de la survenance ou de la rĂ©vĂ©lation dâun fait », la procĂ©dure dâappel, qui reste une voie dâachĂšvement, certes maĂźtrisĂ©e mais dâachĂšvement avant tout, pose immĂ©diatement des exceptions avec deux articles qui attĂ©nuent grandement cette impossibilitĂ©. Lâarticle 565 prĂ©cise que les prĂ©tentions ne sont pas nouvelles dĂšs lors quâelles tendent aux mĂȘmes fins que celles soumises au premier juge mĂȘme si leur fondement juridique est diffĂ©rent » et lâarticle 566 ajoute que les parties ne peuvent ajouter aux prĂ©tentions soumises au premier juge que les demandes qui en sont lâaccessoire, la consĂ©quence ou le complĂ©ment nĂ©cessaire ». En lâespĂšce, la Cour dâappel de ChambĂ©ry avait estimĂ© que les demandes prĂ©sentĂ©es en appel ne tendaient pas aux mĂȘmes fins que celles formulĂ©es en premiĂšre instance, la nature des prĂȘts Ă©tant distincte et les demandes prĂ©sentĂ©es supposant une analyse diffĂ©rente. La cour sâĂ©tait en fait arrĂȘtĂ©e Ă lâarticle 565, sans Ă©gard Ă lâarticle suivant qui, mĂȘme si le dĂ©cret n° 2017-891 du 6 mai 2017 a optĂ© pour une rĂ©daction plus restrictive, autorise en appel les demandes qui sont lâaccessoire, la consĂ©quence ou le complĂ©ment nĂ©cessaire de celles soumises au premier juge. La cour dâappel ne pouvait sâarrĂȘter aussi vite en chemin et cette invite de la deuxiĂšme chambre civile est dĂ©nuĂ©e dâĂ©quivoque en se dĂ©terminant ainsi, sans rechercher, mĂȘme dâoffice, si ces demandes ne constituaient pas lâaccessoire, la consĂ©quence ou le complĂ©ment de celles formĂ©es en premiĂšre instance, la cour dâappel nâa pas donnĂ© de base lĂ©gale Ă sa dĂ©cision. Par un effet de balancier, la Cour de cassation vient rééquilibrer les choses entre un article 564 qui, expressis verbis, permet aux cours dâappel de relever dâoffice lâirrecevabilitĂ© dâune demande nouvelle en cause dâappel et des articles 565 et 566 qui posent des exceptions mais sans en dire plus sur le pouvoir de la cour dâappel. Le pouvoir donnĂ© Ă la cour dâappel dâun cĂŽtĂ© engendre ainsi certaines obligations de lâautre. Cet arrĂȘt pose en tous cas un postulat dĂ©nuĂ© dâĂ©quivoque la cour dâappel est tenue dâexaminer au regard de chacune des exceptions prĂ©vues aux textes susvisĂ©s si la demande est nouvelle. Aussi, de la mĂȘme maniĂšre que si lâune des parties au procĂšs ne soulĂšve pas lâirrecevabilitĂ© de la demande nouvelle la cour dâappel pourra la relever dâoffice, celle-ci devra, quand bien mĂȘme une discussion au fond ne se serait pas instaurĂ©e sur lâensemble des exceptions visĂ©es par le code de procĂ©dure civile, les balayer toutes pour sâinterroger Ă chaque fois si la demande ne tend pas aux mĂȘmes fins, ne constituent pas lâaccessoire, la consĂ©quence ou le complĂ©ment des demandes prĂ©sentĂ©es en premiĂšre instance. Et ce nâest finalement pas illogique non plus au regard de lâarticle 12 du code de procĂ©dure civile. Article paru initialement sur Dalloz ActualitĂ©.Codede procĂ©dure civile : articles 42 Ă 48 CompĂ©tence territoriale Code de procĂ©dure civile : article 854 Introduction de l'instance Code de procĂ©dure civile : EnvoyĂ© immĂ©diatement par mail Ădition 2022 - Accord de licence Legifrance DerniĂšre date de vĂ©rification de mise Ă jour le Jeudi 18 aoĂ»t 2022 Code de procĂ©dure civile Toute action en justice afin de juger une affaire oĂč des intĂ©rĂȘt privĂ©s sont en jeu par ex. entre deux particuliers sâeffectue devant une juridiction civile. La procĂ©dure civile peut aboutir au versement de dommages et intĂ©rĂȘts, mais non Ă une sanction pĂ©nale ex l\'emprisonnement. Le Code de procĂ©dure civile CPC organise lâensemble de la procĂ©dure, de la dĂ©finition de lâobjet du litige Ă lâexĂ©cution du jugement en passant par la... Lire la suite Code de procĂ©dure civile Toute action en justice afin de juger une affaire oĂč des intĂ©rĂȘt privĂ©s sont en jeu par ex. entre deux particuliers sâeffectue devant une juridiction civile. La procĂ©dure civile peut aboutir au versement de dommages et intĂ©rĂȘts, mais non Ă une sanction pĂ©nale ex l\'emprisonnement. Le Code de procĂ©dure civile CPC organise lâensemble de la procĂ©dure, de la dĂ©finition de lâobjet du litige Ă lâexĂ©cution du jugement en passant par la preuve, les possibilitĂ©s de conciliation, lâorganisation de la dĂ©fense... Code procĂ©dure civile exemples d\'articles article 202 , article 699 , article 700 Voir aussi Code civil, Code pĂ©nal, Code de procĂ©dure pĂ©nale.
Article42 Version en vigueur depuis le 14 mai 1981 ModifiĂ© par DĂ©cret 81-500 1981-05-12 art. 7 JORF 14 mai 1981 rectificatif JORF 21 mai 1981 La juridiction territorialement compĂ©tente est, sauf disposition contraire, celle du lieu oĂč demeure le dĂ©fendeur.